Journal d’une graphiste #2 – Les expériences

graphiste 2 experiences

Oy!

Merci merci pour tout les commentaires positifs que vous m’avez envoyé pour mon dernier article sur mes études de graphiste. C’est tellement chouette de pouvoir engager la discussion, de découvrir d’autres expériences, de lire un petit mot d’encouragement… Un tout grand merci! Après avoir partagé avec toi mes études de graphiste, il est temps de parler de mes expériences professionnelles en tant que graphiste. Comme j’en ai déjà un peu parlé dans mon article sur le fait de devenir adulte, j’aime bien prendre des risques et découvrir plein de trucs. C’est en suivant ce raisonnement que j’ai essayé de faire d’une pierre deux coups (l’expression de mamy #yolo) et de mêler ma carrière à mes envies. Aujourd’hui on va voyager du Canada en Allemagne en passant par le Portugal et la Belgique. C’est parti!

Au fait, tu peux lire mon interview de vendredi dernier sur ma double expatriation ici. Merci au site AuxCinqCoinsDuMonde pour cette opportunité!

Les stages

Aaaah les stages, cette joie de travailler pour ne rien gagner. Non en fait, j’ai un avis mitigé sur la question… J’ai toujours été relativement chanceuse lors de mes stages, je ne me suis presque jamais retrouvée en mode « plante » ou à devoir servir le café et j’y ai appris beaucoup. Malheureusement, pour de nombreux employeurs, avoir un stagiaire signifie « main d’oeuvre gratuite » ou « esclave éphémère » en opposition avec ce que ça devrait être: de l’apprentissage, du partage de connaissances et de passion et permette au stagiaire de toucher un peu à tout. « Non mais t’as rien compris, les stages c’est pour te faire découvrir des choses ». Oui mais pas que! Le stage devrait être beaucoup plus valorisé par les employeurs: Très souvent, travailler comme stagiaire équivaut presque à travailler comme un junior, non? Le problème avec les stages, en particulier en design (puisque c’est ceux que je connais le mieux), c’est que tu as un peu l’impression de postuler pour un job à temps-plein (les interview où tu dois te vendre à fond), qu’on te vends la possibilité d’être embauché(e) après ton stage si « tu fais du bon boulot » et que au final, tu sais très bien que tu risques d’être peu (voir pas du tout) payé(e) et de ne pas être embauché(e). Depuis le début de mes études, j’ai réalisé 3 stages (en plus des jobs étudiants « alimentaires » et pas du tout reliés à mon domaine d’étude) dans 3 pays différents, chacun d’eux m’a appris beaucoup, dans différents sens du terme.

Stage à Montréal – Tomber en amour.

Aussi loin que je puisse m’en souvenir, j’ai toujours voulu partir à l’étranger. Pas pour toujours, juste pour essayer (aha, ça a bien changé maintenant). Durant mon bachelier en communication visuelle, j’ai eu l’opportunité de réaliser un stage dans un studio. J’ai eu la chance de rencontrer un prof en 1ère année qui avait vécu à Montréal et qui m’avait recommandée à ses contacts (morale du jour: Toujours valoriser ses relations!). Après les très longues démarches administratives (visa vacances/travail et bourses), j’étais enfin arrivée à Montréal pour quelques mois d’immersion intensive. C’était une expérience incroyable que de découvrir le monde du travail, le Canada et la vie d’expat’, le tout pour la première fois! Je travaillais dans un studio qui avait la particularité de faire du graphisme « classique » mais qui développait aussi des collections de papertoys (tu sais, des jouets en papier que les enfants construisent eux-mêmes). Je n’avais jamais entendu parler de papertoy ou de paper design avant cette expérience et ce fut un vrai déclic. J’alternais entre deux casquettes: Celle de graphiste (développer des identités, créer des brochures, etc) et celle de créatrice de papertoy (développement de collections, layout, etc), c’était motivant et créatif, je ne me suis pas ennuyée une minute. J’ai même eu la chance de partir avec le studio à la New York Toy Fair pour présenter nos nouvelles collections de jouets que nous avions développés les mois précédents. J’étais tellement triste de quitter Montréal et de retourner à l’école pour la fin de l’année scolaire mais j’étais tellement motivée à finir mon bachelier pour pouvoir continuer l’aventure! (J’ai quand même pensé à émigrer à Montréal directement après mes études mais j’ai abandonné devant la difficulté administrative #faible)

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Je suis à Montréal, il fait froid et je suis contente!

Stage à Cologne – Non merci.

Mon bachelier en poche, j’avais réussi haut la main ma 1ère année de master et, comme je l’ai expliqué précédemment, j’avais décidé d’aller en Allemagne pour réaliser mon stage de fin de master. J’avais en effet décidé de réaliser un stage et de développer un projet personnel (+ la partie de « mémoire » qui regroupe une recherche théorique sur mes recherches pratiques = beaucoup de boulot). J’ai trouvé très rapidement un stage dans un petit studio de Cologne qui avait la particularité de travailler pour de grandes marques de luxe (Montblanc, Swarovski et j’en passe). J’étais super excitée, j’avais trouvé un stage de 6 mois, payé (la classe), avec des projets et des clients dingues et qui aboutissait à un « vrai » job! Que demande le peuple? La désillusion fut grande. Je me suis retrouvée au rang de stagiaire bouche-trou, à aller acheter le café au supermarché, à faire des photocopies, regarder d’autres graphistes travailler et faire quelques petites retouches photos par-ci par-là. euh, j’avais pas du tout signé pour un stage d’observation, les gars. J’étais tellement triste et déprimée (en plus il faisait dégueulasse tout le temps). J’ai tout de suite détesté l’ambiance de travail: Personne ne se parlait (à part le son du téléphone, il ne se passait rien), personne ne me parlait ou ne me donnait du travail. Peu avant la fin de ma période d’essai, j’ai annoncé ma résignation et mon départ illico presto; Ce studio n’était pas fait pour moi. Bon, j’étais dans le caca, j’avais toujours un stage à réaliser pour finir mon master et il me restait 6 mois… Pression!

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« Ah, on a oublié de dire à la stagiaire de pas venir bosser aujourd’hui. On fait des travaux. »

Stage à Bruxelles – Paper design & Co.

Directement après mon échec à Cologne (et du coup après avoir quitté la coloc que j’avais trouvé et tout), je suis rentrée en Belgique et j’ai trouvé un stage à Bruxelles dans un studio qui spécialisé en paper design. Après mon stage « de papier » à Montréal, j’avais continué à m’intéresser au paper design et à apprendre seule. Autant te dire que j’étais plus qu’excitée à l’idée de pouvoir faire du paper design! Je n’étais pas payée, je travaillais beaucoup mais je n’ai vraiment pas été déçue. Dès mon arrivée, j’ai directement pu m’atteler à divers projets de design « classique » avec toutes les responsabilités qui vont avec (meeting client,…) mais également à l’annuel projet papier du studio! J’avais enfin l’impression d’être utile! Mon stage est passé tellement vite qu’en moins de deux, on était en avril et j’allais devoir rendre ma thèse dans les mois qui suivent! Il était temps que je commence vraiment à travailler dessus (parce que oui, je laisse tout jusqu’à la dernière minute)! J’avais choisi d’étudier le paper design, je venais de finir mon stage dans le paper design, autant dire que j’étais prête!

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Le studio après un projet paper design. Chez moi c’est pareil!

La vie de Junior

Au final, j’ai du postposer ma thèse de juin à septembre pour raisons familiales mais, c’était fait! Après un court séjour à Porto, j’avais enfin rendu ma thèse! Et le mieux dans tout ça? Entre deux chapitres sur le paper design, j’avais réussi à trouver un travail d’adulte, le St-Graal, un job en design!

Trivago – Premiers pas

Bon, j’ai écrit tout un article sur mon expérience à trivago (parce que c’était tout bonnement dingue). J’ai adoré chaque minute passée à trivago et j’ai des nouveaux copains trop bien. Je pense vraiment qu’on a rarement la chance de travailler dans des entreprises si grandes et avec un esprit si différent de toutes les entreprises classiques. Par contre, il y a quelque chose que je ne t’ai pas dit… J’ai quitté mon job de graphiste chez trivago! Ahaaaa revirement de situation hein? Bon ok, tout le monde s’en fous? La question est « Mais pourquoiiiii? »
Et bien, de un, mon contrat est arrivé à sa fin et le poste proposé dans un autre département de design ne me tentait pas. Ça tombe bien, j’avais envie d’un peu d’aventure et de nouveauté! J’ai essayé de changer de département au sein de trivago pour pouvoir essayer quelque chose de complètement différent du design mais ça n’à pas marché. J’aimerais bien commencer à être full-time freelance mais j’ai trop peur de me planter. Du coup, j’ai quand même cherché un autre job (faut bien payer tout les restos japonais que je m’enfile).

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Steve est toujours là, même chez trivago!

Et maintenant? L’aventure continue!

T’as envie d’aventure, Alex? Tiens! Depuis quelques jours, je suis graphiste dans un petit studio allemand à Cologne spécialisé en motion design. En gros, on crée les animations à la télé (genre le journal télévisé, les intros de pub,…). J’ai jamais fait de motion design ou bossé dans le milieu, du coup, mh pourquoi pas?! Là où ça devient vraiment excitant c’est que je suis entourée uniquement de collègues allemands, avec uniquement des clients allemands et tous mes logiciels et briefings sont en allemand. Ah ouais, je ne suis pas super calée en allemand, tu sais? Si avec ça, je ne deviens pas bilingue, je ne sais pas ce qu’il me faut! Il y a un truc qui craint un peu, ce sont les horaires et le trajet Düsseldorf-Cologne que je me tape tout les jours. Quoiqu’il en soit, j’ai un contrat à durée limitée, histoire de voir si ça me plaît et si je leur plaît, donc tout bon. Au moment où je t’écris, je suis dans le train de retour. J’ai eu mes premières journées, mon cerveau et mon corps ont un peu du mal à s’adapter mais ça va venir (j’espère). J’ai un peu de mal à accorder mon boulot avec le travail à fournir pour le blog et ma vie perso. Je te ferais un compte-rendu de mon expérience 100% allemande? Avec un peu de chance, ça sera moins pire que mon stage à Cologne 😀 Souhaite moi bonne chance!

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Mon bureau de freelance <3

Au final…

Tu vois, il n’y à pas de parcours parfait. J’ai beaucoup de rêves et d’envies, j’ai beau avoir eu beaucoup de chance de trouver si facilement du travail contrairement à certains de mes camarades de classe, je n’ai toujours pas trouvé le « job de mes rêves ». Peut-être n’existe-t’il pas? Peut-être que je devrais le créer? Quoiqu’il en soit, je n’ai pas abandonné l’idée d’être freelance, d’ouvrir ma boutique en ligne et surtout, je continuerais à bloguer!

Cet article t’à plu? As-tu eu des aventures de stage ou de job un peu folles ou nulles? Partage les avec moi, j’ai hâte de me sentir moins seule! Et si tu as lu tout cet article, félicitations! Ps: Je t’ai dis que t’étais super?

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10 Comments

  1. comme l’article précédent, je trouve super intéressant de découvrir ton expérience dans le milieu 🙂
    je vois que finalement même si dans l’ensemble tu as l’air d’avoir eu pas mal de chance, tu as aussi eu de « mauvaises » expériences.
    en tout cas je t’admire pour ton courage à aller de l’avant et à prendre de nouveaux risques à chaque fois ! j’avoue que je me sentirais pas du tout capable de me barrer dans un autre pays toute seule pour un boulot, loin de tous mes proches…
    pour ma part j’ai fais bcp de stage comme toi, et mon principal mot d’ordre a été de trouver des stages payés, car bosser tout l’été sans gagner un sou c’était impensable pour moi ! J’ai travaillé dans une maison d’édition, un petit studio qui travaillait pour de nombreuses marques de cosmétiques, puis j’ai voulu tenter un mini-studio spécialisé dans le web, et je suis tombée sur trois personnes malhonnêtes et hypocrites, qui ont écourtés mon stage du jour au lendemain, et ça s’est très mal fini… Du coup, je me suis bcp remise en question suite à cette expérience, et je me suis demandée si j’étais vraiment faite pour ce métier. Il me restait encore 1 an d’études, qui a été très éprouvant avec de nombreux projets à réaliser avant la remise des diplômes. Finalement, ensuite, je suis rentrée dans une grosse boite pour faire un stage de six mois qui n’a pas été aussi enrichissant que je l’espérais. J’ai eu la chance de n’avoir eu aucun stage café-photocopie, par contre, j’ai franchement fait énormément d’exe durant ce dernier stage, et c’était très frustrant !
    après cela, il était temps de chercher un vrai travail, pour le moment j’ai eu des entretiens mais rien n’a abouti et je suis tombé sur des perles : le mec qui te propose un stage alors que tu postules à un cdi, & celui qui te demande de faire un travail de pré-embauche pour voir comment je me débrouille, et qui ensuite n’a pas donné suite sans donner les raisons..(très constructif) !
    Maintenant je bosse en freelance dans une agence, en espérant que cela se concrétise et que je me fasse embaucher 🙂

    • Merci merci pour ton commentaires et tes gentils compliments ❤️ Tu as de la chance d’avoir pu trouver des stages payés, malheureusement en Belgique et dans beaucoup de pays, ce n’est toujours pas obligatoire de payer les stagiaires (ce que je trouve honteux!). Je comprends tellement le sentiment que tu as eu après ton stage pourri, le questionnement de soi,… Je pense que c’est le plus dur dans notre métier. Le plus important est de ne pas baisser les bras! Je te souhaite bonne chance pour ton poste de freelance et je croise les doigts pour toi

  2. Coucou Olamelama !
    J’aime tellement tes articles ! Tu sais, moi, je suis quelqu’un qui est admirative de ceux qui ont pris leur courage à deux mains et sont partis à l’étranger (le Canada, en plus ! Quelle chance !). Je trouve donc ton parcours fantastique ! Je n’ai jamais fait de paper design dans un cadre professionnel, et je pense que de toute façon, à Bordeaux, il n’y a de place pour cela, mais qu’est-ce que ce doit être énorme !
    Mais je suis à 100% d’accord avec toi, il n’y a un parcours, une façon de faire qui soit la bonne. Il a plein d’expériences qui mises bout à bout, font de chaque personne un graphiste abouti. De mon côté, je suis partie d’un Master en Architecture pour devenir graphiste dans une boite de produits dérivés, et je suis maintenant graphiste en freelance. J’ai plein de projets pour la suite, et comme toi, je pense que c’est à moi de me créer mon propre job de rêve…
    Je croise les doigts pour ton nouvelle expérience pro !

    • Coucouuuu! Merci pour ton commentaire, je suis contente que mes articles te plaisent ❤️ Tu m’as l’air d’avoir également un parcours très intéressant rt je suis toujours admirative des graphistes freelances, c’est un environnement tellement difficile et compétitif… Des bisous et keep on rocking!

  3. Coucou ma poule !
    J’adore toujours autant tes articles relatant ton quotidien et ton expérience !
    C’est passionnant de voir que tu as pu voyager et tester pleins de choses.
    Rien qu’en papotant avec toi, je sens que t’es une fille top & qu’au final ce sont les entreprises qui sont chanceuses de t’avoir (bon sauf celle de Cologne haha) ! Je te souhaite bonne merde pour cette nouvelle aventure & j’ai hâte de voir tes futurs projets <3

    • Merciiii ma Laeti ❤️ Ton commentaire et tes petits messages sur twitter me font super plaisir. C’est tellement chouette de t’avoir comme blogpine ❤️

  4. Voilà voilà je reviens avec mon petit commentaire comme promis !

    J’ai adoré tes deux articles comme je t’avais dit ça me parle tellement, mais celui là il est juste épatant. Je trouve ça tellement cool, courageux et dingue d’être parti à l’autre bout du monde pour ton premier stage, d’avoir suivi des cours dans une langue que tu ne connaissais pas et aujourd’hui encore de te lancer dans un nouveau job que ne maitrise pas et une fois de plus dans une langue que tu ne parles pas. C’EST DINGUE ! 😀

    Je crois que c’est vraiment un métier passionnant qu’il faut se donner à fond et qu’il y a tellement d’évolution possible. On se lasse vite d’être au même endroit avec les mêmes projets, on a constamment envie de challenge… Enfin pour ma part et clairement pour la tienne aussi je pense 🙂
    Tu fais preuve de beaucoup de courage et gérer tout ça à 1h de train de chez toi avec le blog et tout ce qui s’en suit, voilà pourquoi tu es bien plus une super-femme que moi ahahah

    Bon ce commentaire il est un peu désorganiser mais j’ai dit ce que je voulais dire. Et sinon Bravo pour cette belle évolution avec ton blog et je te souhaite aussi plein d’épanouissement dans ton nouveau travail 🙂

    Bisous !

    • J’ai oublié de dire qu’en ce qui concerne sortir de sa zone de confort tu es bien calé et que tu serais totalement apte à te lancer Freelance, je te le souhaite. Ça me tente aussi mais j’ai encore peur un peu… 😀 #teamgraphisteforever

  5. Ton expérience est très intéressante et vraiment bien écrite. Je suis ravie de découvrir ton blog et je te souhaite bonne chance pour ton nouveau travail ! 🙂

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