Journal d’une graphiste #1 – Les études

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Oy!

Alors, content(e) d’être bientôt en weekend? Ben moi aussi! Avant de profiter du weekend, j’aimerais te parler d’un autre sujet qui me tiens particulièrement à cœur: Mon métier. Si tu me lis depuis quelques temps, tu n’es pas sans savoir que je suis graphiste. Tu ne connais rien au monde du design ou tu en as une vague idée? Tu aimerais te lancer dans des études de design ou tu es déjà diplômé(e) et tu travailles dans le domaine? J’aimerais partager avec toi mes expériences scolaires, professionnelles et personnelles liées au design. Il y a tellement de choses à dire sur ce sujet que je vais le diviser en 2 parties – Parcours scolaire & Expériences professionnelles (ça dépends si ça t’intéresse ou si ça te plaît, sinon j’arrête après cet article et je vais pleurer). Attention, c’est pas tout rose 😉

Faux départ

Je n’ai jamais voulu devenir graphiste. Voilà, je l’ai dit, ça m’est juste tombé dessus. En sortant des études secondaires (en option Histoire/Langues, donc rien à voir), j’étais un peu perdue et j’avais envie de commencer des études couteau-suisse, qui pourraient m’ouvrir les portes de différents domaines et puis je déciderais de ce que je ferais plus tard. J’ai fait une année de Relations Publiques à la HELB (Bruxelles), et j’ai abandonné après la première année. Ça n’était pas du tout fait pour moi, je n’aimais ni les sujets, ni les profs et il y avait encore ces stupides cours de statistiques (Franchement, à quoi ça sert? En plus je suis archi nulle en math). J’avais l’impression d’être débile, que je n’arriverais jamais à trouver ma voie. Je passais plus de temps à préparer mes présentations qu’à travailler dessus et du coup, je me suis dis « Oh bah tiens, c’est chouette de faire des jolis trucs » et je me suis inscrite à l’ESIAJ (Ecole Supérieure d’Infographie Albert Jacquart, à Namur) en Infographie. Histoire d’essayer. Je ne connaissais qu’un peu de Photoshop et d’Illustrator mais c’était tout. L’aventure!

Premières armes

Aaaah l’ESIAJ. Il y a tellement de choses à dire, par où commencer? C’est une école assez réputée qui propose un bachelier en infographie avec une « spécialisation » au choix. Il n’y à pas d’examen d’entrée et la première année est générale: Il y a beaucoup d’étudiants, on touche à toutes les matières (j’ai pu donc faire de la 3D, un peu de code, des maths,…). On a un horaire surchargé, une tonne de travail et beaucoup de pression; C’est comme ça qu’ils font le premier tri à la fin de l’année scolaire. J’aimais bien ce que j’apprenais, j’étais organisée et je suis passée sans problème en 2ème où j’ai dû choisir ma spécialisation.

J’ai choisi la communication visuelle. Les deux années qui ont suivi étaient intenses, j’y ai appris beaucoup et je n’ai pas arrêté de travailler. On apprenait à manier les différents logiciels (Photoshop, Illustrator, InDesign, Corel Painter,…) mais aussi à développer nos compétences artistiques (art direction, reliure, techniques alternatives à l’utilisation de l’ordi). Je ne faisais pas toujours ce qui me plaisait mais j’ai acquis un bagage technique très important. Il y avait beaucoup de cours et beaucoup de projets à remettre mais au final, c’était pas si compliqué si tu t’organisais bien. C’était sans compter le professorat. La pression, le dénigrement et l’attitude de certains profs carrément pas pédagogues (heureusement pas tous!) m’a dégoûté petit-à-petit du design. Je ne sais plus compter le nombre de fois que je suis rentrée de cours écœurée par leurs phrases cinglantes du genre « C’est quoi cette merde? » « Tu trouveras jamais de boulot! » ou encore « Fais ce que je te dis, je suis dieu tout puissant ». J’ai pensé très souvent que le design n’était pas pour moi et que je n’arriverais jamais à rien mais, il y restait toujours quelques professeurs motivants qui m’ont aidé à surmonter cet harcèlement moral (je pense qu’on peux le qualifier comme ça!). J’ai eu un peu de répit en 3ème année puisque je suis partie 6 mois à Montréal pour faire mon stage (mais ça c’est pour le #2 du Journal de Graphiste), j’étais loin de tout et d’eux. En plus j’ai décidé de rentrer dans le conseil étudiant de l’école ce qui m’a permis de changer des choses (ou du moins d’essayer). Enfin bon, j’ai pris sur moi et j’ai été diplômée après 3 ans de dur labeur (et franchement, c’est un peu un exploit de terminer sans doubler une année dans cette école). Allez, j’ai mon diplôme en poche, je me casse de là, il est temps de chercher un travail!

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La fille trop contente d’être au Canada

ESIAJ (Site web, au fait, c’est moi sur la photo, de dos)

L’affirmation de soi

En fait, non! A 21 ans, je n’avais vraiment pas envie de commencer à travailler. Je n’avais pas d’argent pour prendre une année sabbatique à l’étranger et j’ai décidé de… Reprendre les études! J’ai passé l’examen d’entrée (par e-mail et en anglais) pour entrer aux Beaux-Arts de Porto dans un master en design éditorial (spécialisé en print donc). Pourquoi Porto? Une copine était en Erasmus là-bas, je suis allée la voir pendant les vacances et je suis tombée amoureuse de la ville et de l’université. J’ai juste tenté ma chance, ne sachant pas du tout dans quoi je me lançais et j’ai été acceptée. Franchement, au pire si ça ne marche pas, j’apprends des trucs pendant un an, je suis sous le soleil et je commence à travailler l’année suivante. Et bien, c’était encore mieux que ce que je pensais! Les cours étaient tellement intéressants, nous étions une petite classe avec peu d’heures (du coup > plage et sieste), il y avait une grande place pour la créativité et le développement de soi. On faisait ce que l’on voulait mais on était encadrés par des professionnels qui étaient pédagogues (par exemple, mon prof c’est le designer qui à créé la superbe identité de Porto), quel changement! Du coup, je me réveillai, j’allais à la plage ou je traînais (dans des cafés, des galeries, des magasins, ce que tu veux), puis j’allais en cours, je rentrais et je bossais pour mes projets et je faisais la fête le reste du temps. Le paradis.

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Mon bureau de travail

J’ai quand même eu droit à une petite surprise, les cours étaient donnés en portugais au lieu de l’anglais (comme c’est écrit sur le site web). Ok ma maman est portugaise mais ne m’a jamais appris la langue. Bon, ben c’est pas grave, je vais apprendre sur le tas. Résultat: J’ai passé l’année à apprendre la langue (maintenant je suis bilingue), à rencontrer des gens, à faire la fête, à aller à la plage, à bien manger, à travailler sur des projets qui me motivaient, à apprendre de profs motivants et motivés, j’avais repris goût au design… J’avais trouvé un job de guide touristique sur le côté et j’allais à des tables de discussions. Bref, c’était trop bien! Puis, à la fin de ma première année, j’ai rencontré un garçon à une soirée. Il est parfait, il est allemand, il bosse pendant un an au Portugal et il quitte le pays dans quelques mois. Coup de foudre, je m’arrange avec mes profs, je lâche appart/job et je le suis en Allemagne (sortez les violons). J’ai donc fait ma dernière année à distance, entre l’Allemagne, la Belgique et le Portugal; Je suivais mes cours via Skype, je rendais mes projets par la poste (ou je prenais l’avion pour les remettre en main propre -et au passage prendre une semaine de soleil-), j’écrivais ma thèse au calme et sur un sujet qui me passionnait: le Paper Design. J’ai également fait deux stages dans le cadre de ma thèse, un en Allemagne et un à Bruxelles. Et voilà… En septembre 2015, ma thèse était rendue et j’avais mon master en poche!

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Regarde comment je suis contente d’avoir fini mon master

FBAUP (Site web)

Et donc?

Avec le recul, je me rends compte que toutes ces expériences ont fait de moi la graphiste que je suis aujourd’hui, même ma première année en relations publiques! Je n’ai pas entrepris des études en graphisme pour avoir un diplôme quelconque mais pour apprendre et gagner de l’expérience (parce que, je vais pas te mentir, maintenant que j’ai un boulot, je sais que tout le monde s’en fous de ton diplôme et de tes résultats, ce qui compte c’est ton portfolio). Si, comme moi, tu ne sais pas trop quoi faire de ta vie, fais juste ce qu’il te plaît! C’est la chose la plus importante que j’ai apprise: Si tu aimes ce que tu fais, tu peux tout réussir. C’est vraiment super bateau à dire mais c’est tellement vrai.

Toutes les expériences sont bonnes, même quand elles sont mauvaises. Mes profs tout pourris m’ont appris à encaisser les critiques et à ne jamais devenir comme eux. Mes heures acharnées de travail m’ont appris que tout se gagne et se mérite et puis que, ce n’est qu’une étape à faire.

J’ai aussi pris des risques (commencer le graphisme, partir au Portugal, partir en Allemagne) qui auraient pu ne pas du tout fonctionner… Mais finalement, c’est les meilleures décisions que j’ai pu prendre.

Faire des études artistiques, c’est le truc le plus gratifiant qu’il soit mais aussi le plus difficile que je connaisse. C’est tellement dur de montrer ce que tu vaux et qui tu es, et de l’exposer aux yeux de tout le monde. Tout ce que ça prends, c’est du courage et de la passion.

L’article « Journal de graphiste #2 – Expériences professionnelles » sera publié jeudi prochain.

Cet article t’a plu? As-tu appris quelque chose? N’hésite pas à me laisser un commentaire ou un mot d’amour, j’adore y répondre et partager avec toi!

Au fait: un tout grand merci pour l’accueil que mon article « Devenir adulte? – Non merci! » à reçu! Je ne m’attendais pas du tout à autant de réactions, de commentaires et de likes sur ma page Hellocoton et mon Instagram. Je me sens beaucoup moins seule à présent. Merci d’être là <3

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9 Comments

  1. Coucou
    Je me reconnais pas mal dans ton article évidemment vu que je suis graphiste aussi, et j’ai eu dans mes études le même genre d’expérience.
    Des profs assez cons qui te font des remarques désobligeantes du genre « tu veux finir caissière chez Auchan ? » Parce que tu veux faire un stage dans une petite agence, ou encore des profs qui rigolent en voyant ton travail (sous entendu c’est de la merde)… J’en passe, mais en effet il faut un moral d’acier quand on fait ces études, et accepter la critique. Je ne te cache pas que je suis parfois repartie de l’école dépitée, mais en effet, le travail se paye aussi !
    Au final meme si je galère un peu à trouver mon premier emploi en tant que salariée, (sûrement parce que je voudrais rester en France) je m’en suis également plutôt bien sortie dans l’ensemble avec mon master en poche, et je commence mes 1ères expériences en tant que Freelance 🙂

  2. Bel article !
    Tu as très bien résumé ces études dans les bons et les mauvais côtés 🙂
    Et je suis tellement d’accord avec toi quand tu dis  » si tu aimes ce que tu fais, tu peux tout réussir.  »
    J’ai failli faire autre chose et puis j’ai trouvé ma voie, et une fois que tu la trouves tu peux que t’épanouir même si y’a des moments difficiles. Je me souviens avoir tellement pleuré sur certaines remises de projets haha. Ça me semble déjà si loin 😀

    Tu as déjà une belle expérience avec tout ça, je te souhaite encore plein de joie et d’épanouissement dans ce métier ! Hâte de lire la suite. #teamgraphistes 😀

    • Merci Camille <3 Tellement contente d'avoir fini mes études également haha 😀 Je te souhaite aussi plein de superbes aventures dans ton job! Merci pour ton commentaire et bisous 🙂 #teamgraphistes4ever

  3. Très bel article Alex
    Super inspirant! Ça rappelle plein de choses
    Des bisous de licornes à paillettes!

  4. #teamesiaj sauf que moi, ça s’est vraiment trop mal passé ! J’ai eu une véritable mauvaise expérience de cette école, diplôme à deux doigts de l’avoir, mais non.. Et ne parlons même pas des profs. Je vois très bien qui tu es donc on a eu les mêmes. De vrais pourritures :$

    • Coucou Melody! Merci pour ton passage sur mon blog! Je vois que je n’ai pas été la seule à être carrément dégoutée de cette option et de la plupart de ces profs…

  5. Émilie S.

    J’ai trop hâte de lire la suite ! 😀 (Surtout la partie sur Montréal hehe)

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