Changement de carrière: Du design à l’écriture [1ère partie]

Changement de carrière - Olamelama

Ca fait maintenant des semaines que j’essaie de poser des mots sur ce qu’il se passe dans ma vie et dans ma tête. J’ai pris du recul et je pense être prête à partager avec toi mes doutes en espérant pour que cet article pourra aider des personnes qui sont dans le même bateau que moi… Donc, si tu te sens mal dans ton job actuel, perdu dans ta vie et que tu ne sais pas de quoi demain sera fait, cet article est pour toi.

Cet article sera divisé en deux parties. Dans la première partie je t’expliquerais pourquoi j’ai décidé de quitter mon job de graphiste tandis que la deuxième partie se consacrera à ce que je fais maintenant, à savoir être rédactrice pour le magazine de trivago. Je vais être vraie, j’espère que ça te permettra de te mettre à ma place et de ressentir ce que j’ai pu ressentir…

La depression du designer et bore-out

J’adore le design. J’ai adoré mes 5 années d’études, en particulier mon master aux Beaux-Arts de Porto. J’ai rencontré des professeurs inspirants et d’autres qui ne méritent pas du tout leur travail. Depuis le début, je me voyais travailler en agence, vivre de ma passion, créer des projets dont je serais fière et surtout m’épanouir professionnellement et personnellement. Grosse douche froide une fois rentrée sur le marché du travail. J’ai essayé différentes structures de travail, en grandes et petites entreprises, en multinationales et en studio locaux mais, malgré quelques belles expériences, le constat restait le même: Le design me déprimait.

Plante morte - Olamelama

Cette plante morte est une métaphore de mon état après 7 ans de graphisme.

La compétitivité, les deadlines, le stress, la précarité, les jobs où tu es sensé tout faire et tout savoir pour un salaire minable, les égos surdimensionnés, les projets bouche-trou, les managers ignorants, le dévouement à l’extrême… Tout ces différents aspects du monde du design m’ont enlevé tout amour pour mon travail. C’est un constat qui s’est fait petit à petit mais qui à lentement pris une grande proportion: Je tombais malade souvent, je n’avais plus envie de me lever, j’étais à fleur de peau et je n’avais plus d’énergie pour rien.

Je me demandais souvent « Quel est le problème? Moi ou le design? » et je cherchais toujours à relativiser et à me dire que la prochaine fois sera la bonne. Je n’ai jamais eu beaucoup de difficulté à trouver un job (heureusement) puisque je donnais toujours mon maximum mais je sentais qu’il me manquait quelque chose. Mon dernier job de graphiste en studio à Cologne à fini par m’achever puisque je rajoutais le bore-out sur la liste de mes problèmes. Mon bureau était une pièce surchauffée à côté des toilettes, mes collègues m’ignoraient, je n’avais aucuns projets sur lesquels travailler, je m’ennuyais, j’étais traitée comme une stagiaire et je passais ma vie dans le train avec 2h de trajet a/r. Mon boss me chargeait de faire des films de ses vacances avec ses gamins qui jouaient sur la chanson « Can’t stop the feeling » de Justin Timberlake. Autant te dire que je déteste cette chanson.

Bureau dans un studio de design à Cologne - Olamelama

Mon bureau bien déprimant.

Nous sommes des êtres humains et pas des machines. C’est normal de dire stop, de se poser pour se retrouver et de repartir de plus belle.

Démisionner sur un coup de tête

J’étais créativement délaissée, professionnellement démotivée et personnellement hors-service. C’est ce moment où le travail à empiété sur ma vie perso que j’ai décidé qu’il était temps de changer la situation. Après 6 mois à galérer, j’étais à quelques jours de la fin de ma période de probation qui était stipulée dans mon contrat, j’ai fondu en larmes un matin devant mon bureau. Je ne sais plus pourquoi, je me rappelle être allée dans le bureau de mon boss pour poser ma démission et demander de rentrer chez moi. Ce jour-là, je sortais du boulot en larmes mais je me sentais enfin libre. J’ai filé chez mon médecin de famille, je lui ai dit que j’étais à bout de nerfs et que mon corps me lâchait… Elle m’a donné des jours de congé pour surmonter le début du burn-out que je couvais. Je ne suis donc jamais retournée au travail après ce jour-là, et quel soulagement.

Carnet vide - Olamelama

On repars de zéro…

J’ai toujours eu peur de me retrouver dans cette situation où la seule chose que tu sais faire te dégoûte tellement que tu n’es physiquement plus capable de le faire. Et j’y étais ! Qu’est ce que je savais faire en dehors du design ? 

Suis-je une bonne à rien ? Est-ce ma faute ou celle des autres ? Autant de questions qui ne valent pas lieu d’être. Ca veut juste dire que tu as le droit de réessayer.

Le chômage et la recherche

S’en est suivi 6 mois de chômage rempli de doutes, de peurs (pour mon futur, mon compte en banque,…) et de recherche de la réponse à la question « Qu’est ce que je vais faire de ma vie? ». J’en ai profité pour me consacrer au blog à fond (merci à toi, d’avoir été là. Je ne saurais jamais assez le dire) mais aussi à prendre des cours d’allemand, à m’essayer à de nouvelles expériences, à partir en road trip pendant un mois et à retrouver ma motivation. À un mois de la fin de mon chômage (je n’avais droit qu’à 6 mois d’aide sociale puisque je travaillais par contrats de 6 mois), j’ai eu la chance de décrocher le job que j’enviais depuis des mois et qui me permettrais de m’échapper un peu du design: Rédactrice pour le magazine de trivago, Room5 !

Bon, je t’ai sorti un bon gros pavé bien déprimant mais la suite de l’histoire est plus réjouissante ! Spoiler alert : J’ai retrouvé ma joie de vivre et une nouvelle aventure. On se donne rendez-vous jeudi et d’ici là, n’hésite pas à me laisser un petit commentaire.

Rendez-vous sur Hellocoton !

18 Comments

  1. Coucou Alex 🙂
    Je suis contente que tu aies fait cet article !
    Mais tout d’abord : aaaah Madame a un Master ! 😉 Je t’embête ^^

    C’est bien des fois de lâcher prise et de passer à autre chose, même si ça peut faire peur… Laisse moi te raconter ma petite histoire 🙂

    J’ai fait mon apprentissage dans une chouette bibliothèque et ils m’ont proposé de me garder à 50 % et aussi de créer un poste pour moi à 20% aux Archives. J’aime pas trop les Archives… Mais comme il me fallait bien gagner ma vie, bah j’ai accepté… J’ai eu mon appart et finalement, après un an, j’ai emménagé avec mon copain…
    Peu à peu, je sentais que je pouvais plus… C’était stressant et j’avais l’impression de pas comprendre ce que je faisais vraiment et je me retrouvais souvent toute seule face à mes questions sans vraiment avoir envie de les poser non plus… Et j’osais pas trop dire au revoir à ce boulot parce que ça me faisait des sous et j’avais l’impression d’être redevante envers l’archiviste d’avoir fait en sorte que j’aie ce poste.

    Puis, un matin, à l’issue d’un malentendu, je n’ai pas eu la clé qui me permettait d’entrer dans le local d’archives. J’ai eu une énorme crise de panique, je suis rentrée chez moi et j’ai décidé que j’en avais assez…

    Et depuis, mon Dieu ce que je me sens mieux ! <3

    • Ton histoire est vraiment tristounette Jade… Comme quoi par peur de s’affirmer on se retrouve dans des situations pas possible! Mais au final, c’est aussi un happy ending pour toi puisque tu as pu dire au revoir à ton boulot d’archiviste, non?!
      Petite confession que je te fait : Quand j’étais petite, j’aimais tellement lire que je revais de devenir bibliothécaire. J’adorais les dames de la bibliothéque près de chez moi et j’y allais tout les mercredis! Du coup, merci de faire ce job qui fait rêver les petits et les grands <3

  2. Hello Alex,

    En Décembre 2015, j’ai fait un bore-out. Ca faisait à peu près 6 mois que plus rien n’allait dans mon travail : de moins en moins de missions à cause d’une recentralisation, du stress aussi suite à un changement de management qui a entraîné une ambiance un peu pourrie et surtout un sentiment d’ennui extrême…

    Chaque matin, en allant au travail, j’avais l’impression de laisser mon cerveau à la maison. Ca m’a fait perdre toute confiance en moi et en mes capacités. J’avais envie de démissionner mais en même temps, je n’osais pas : l’argent, rester des mois sans rien faire, dépendre de mon amie… J’avais peur de me retrouver au chômage mais aussi comme ma confiance était équivalente à celle d’un bigorneau, je ne savais même plus quel métier je voulais faire, ce que j’étais capable de faire et ce que j’aimais.

    Et puis un matin, mon boss me parlait et je me suis juste mise à pleurer… Mais genre vraiment. J’étais incapable de m’arrêter. Je suis rentrée chez moi, j’ai pris un rdv chez le médecin qui m’a arrêté pour la semaine. J’étais rouge de honte devant le médecin à quémander un arrêt de travail. J’ai passé toute la semaine à pleurer (je n’y pouvais rien, ça venait tout seul), à écrire ou à me promener dans Paris pour me changer les idées.

    Le lundi suivant, ce n’était toujours pas ça… Je me suis un peu raisonnée et je suis retournée bosser. Tous les lundis matins, on commençait par une réunion commerciale. Je ne pensais qu’à une chose : « mais qu’est-ce que je fais là ?! » A onze heures, j’ai demandé une rupture conventionnelle à mon boss qui a été acceptée et suite à ça, j’ai ressenti un énorme soulagement.

    J’étais morte de peur à cause de l’inconnu mais vraiment, j’étais soulagée et à partir de ce moment-là, tout a commencé à s’améliorer. Je me suis inscrite à des cours du soir en marketing afin de reprendre confiance et j’ai aussi saisi une opportunité pro qui s’est présentée comme un cheveu sur la soupe. Que je ne regrette absolument pas !

    Je suis très contente pour toi et ta nouvelle aventure chez Trivago. J’attends la suite avec impatience <3

    • Ton histoire m’a donné envie de te serrer très fort dans mes bras Laurélen. Je ressent vraiment ce que tu raconte, j’ai eu la même « honte » de demander un congé à mon docteur… Maintenant qu’on s’est vues, je sais le petite bout de femme que tu es et tu peux être fière de toi et de ce que tu as su tirer de ces moments difficiles. Je suis vraiment contente de pouvoir te compter parmi mes amies et je te souhaite tout autant de bonheur!

  3. Jacqueline

    Salut Alex!
    Bravo pour ton courage et de faire face à l’inconnu! C’est toujours difficile de sortir de notre zone de confort. Aussi merci de nous avoir fait part de cet article qui m’a touché et je suis de tout corur avec toi car je me suis aussi sentie dans cette situation à l’époque quand je travaillais dans le milieu bancaire et que cela ne plaisait pas du tout…j’ai par la suite changé de domaine d’activité 🙂 Aujourd’hui je ne travaille plus mais c’est une autre histoire…
    Bisous, Jacqueline
    Ps: je te recontacte bientot pour se boire un café 🙂

    • Coucou Jacqueline! Merci pour ton commentaire et tu mets le doigt sur quelque chose qui manque à la blogosphère : L’acceptation de la difficulté et de l’échec. J’ai toujours l’impression que tout est facile, tout est rose et tout va bien… Du coup c’est ce que je voulais faire : Mettre en avant le fait que c’est OK de galérer et qu’on a tous des difficultés.
      J’ai hâte de pouvoir partager une boisson chaude avec toi 😉

  4. Coucou, oh mais qu’est ce que je me reconnais dans tout ce que tu dis ! J’ai aussi connu un job où plus rien n’allait et qui avait empiété sur ma vie perso. J’ai eu un zona, un mois d’insomnie quasi total, souvent malade… le dimanche soir j’angoissais deja à l’idée d’aller bosser le lundi. Et le pire dans mon histoire c’est que j’avais réussi à me raisonner pour continuer et là ma boss me vire! C’était le monde à l’envers. Depuis, je bosse dans une administration publique. C’est pas mal mais pas l’extase… mais au moins je ne me bouffe plus de l’intérieur. Bravo pour ce gros changement ! Et je suis curieuse par rapport à ton nouveau boulot 😉

    • Coucou Stephanie! Ah oui, toi aussi tu as eu des sequelles physiques… Jusqu’au zona, vraiment pas cool 🙁 C’est sur que c’est pas vraiment l’extase de bosser en admin mais au final, c’est vraiment mieux de ne plus en baver physiquement à cause du stress, n’est ce pas?
      Je te souhaite plein de belles choses pour l’avenir, je suis sure qu’il te réserve encore plein de belles surprises! Bisous

  5. Heeey! 😀
    Franchement je suis admirative de ce que tu as fait, il faut du courage pour quitter son job, surtout quand les autres te bassinent sans cesse à coup de « Hé mais aujourd’hui si on te propose un travail, peu importe ce que c’est tu dis oui hein! »… En tout cas tu as bien fait, si tu étais restée, certes tu aurais conservé un job, mais tu te serais enfermée à durée indéterminée dans une vie qui ne te plaisait pas… Et tu es bien la preuve qu’on peut rebondir et retrouver un job! 😀
    Merci pour cet article, j’ai hâte de lire la suite 😀
    <3

    • Coucou Adèle! Je sais que tu es toujours aux études et j’espère que tu ne vivras jamais d’expérience aussi triste que la mienne… Et si c’est le cas, c’est un bon moyen pour rebondir et repartir de plus belle! Gros bisous et bonne chance pour tes examens 🙂

  6. Quelle tristesse cet article, du moins le début. Tu as tellement bien fait de démissionner avant d’être enlisée dans ton burn-out. J’espere que Trivago te donnera de la joie longtemps !!! Et ne lache pas le blog surtout, c’est trop cool de te lire.

    (le bureau près des toilettes, je crois que c’est l’angoisse de toute personne qui bosse en open space… Ca et l’écran face au couloir où tout le monde passe !)

    • Aaah ma reconversion n’est pas aussi chouette que la tienne mais je fais de mon mieux 😀
      Et c’est sur que je continuerais le blog, c’est vraiment mon petit endroit de paradis, surtout quand je reçois des commentaires comme le tien <3

      (Nan mais le mieux c'était le bureau près des toilettes, dans une pièce séparée de tout le monde, au dernier étage. Tu peux pas faire encore plus loin...)

  7. Je trouve ça très courageux de ta part de t’exprimer sur le sujet. Sur la blogosphère, on a parfois l’impression que tout est beau et rose, et ça fait du bien de lire des articles qui vont dans le sens contraire. Je suis quand même très triste de lire que tu aies dû faire face à tout ça, tout en étant super heureuse que tu ailles mieux ! J’ai hâte de lire le prochain article concernant ce sujet ! xx

    • Merci pour ton passage Ophélie! C’est exactement ce que je voulais faire et je suis contente si ça à pu donner une autre vision de la blogosphère 100% happy (même si je suis aussi très souvent enjouée).
      J’avais peur de recevoir des commentaires de mes connaissances qui connaissent l’existence du blog mais jusqu’à présent, je n’ai reçu aucune moquerie ou commentaire négatif, c’est assez rassurant 🙂

  8. Stéphanie

    Je suis dans une situation tellement proche de ce que tu décris… Je ne compte plus les fois où j’ai pleuré en silence devant mon écran, où j’ai souhaité, oui SOUHAITÉ être heurtée par un bus ou une voiture sur le chemin du travail pour ne pas devoir y aller… J’ai toujours trop à faire, tout est toujours urgent, je n’aime pas plus que ça ce que je fais (surtout à ce rythme), je déteste la mentalité « heures supp à gogo non payées » de ma boîte…
    Je suis en train de chercher une solution provisoire dans l’administration pour essayer de retrouver un peu d’équilibre. Je fais des cauchemars toutes les nuits à propos du travail, j’angoisse avant/pendant/apres…
    Bref je t’admire beaucoup d’avoir su dire stop et surtout d’avoir trouvé ta nouvelle voie. Bravo d’avoir eu le courage de le faire, et maintenant de le partager!

    • Stéphanie, je ne te conseille qu’une chose : Pars avant que tu ne sois au plus bas. Ta santé vaut tellement plus qu’un boulot. C’est la galère financièrement, je sais mais c’est tellement mieux de se sentir heureuse…
      Je te souhaite du courage dans ta recherche d’emploi et je croise tout mes doigts pour que tu puisse trouver quelque chose qui te plaise! Courage <3

  9. C’est en lisant ton article et en me remémorant chacun des événements que tu as racontés ici que j’ai vécus avec toi (à distance certes) que je me dis que le temps passe super vite…

    Je me rappelle de ces durs moments et je suis tellement contente que tu aies trouvé quelque chose qui te fait te sentir mieux.

    <3

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